Le précieux pouvoir des pierres | MAMAC

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« Une très belle exposition, qui lie science et nature, je vous la conseille à 100 % »

Texte : Mamac – Photo : Salade-nicoise

Les minéraux suscitent la curiosité et l’émerveillement collectifs. Qui, petit ou grand, n’est pas parti à la chasse aux cailloux, collecter les spécimens les plus curieux pour les arranger en une constellation de petits trésors ? Cet attrait oscille entre la simple curiosité d’amateur et la contemplation esthétique, entre la croyance spirituelle ou magique et l’expérimentation scientifique. Si cette fascination en art s’inscrit dans une histoire qui reste encore à écrire, aujourd’hui force est de constater l’engouement des artistes actuels pour la minéralogie et plus spécifiquement pour le précieux pouvoir des pierres. Certains artistes les utilisent brutes tels des ready-mades re-sensibilisés, les collectent, les mettent en scène ou les représentent, quand d’autres les soumettent à des expérimentations, les transforment et produisent des simulacres.

Conçue comme une véritable immersion, l’exposition « Le précieux pouvoir des pierres » imbrique plusieurs temps restituant les différentes résonances et vibrations singulières que les artistes confèrent aux minéraux. Une première traversée invite à un voyage spirituel dans la relativité spatio-temporelle ouvrant sur l’imaginaire et la symbolique engendrés par les phénomènes occultes et les grands mystères de la nature. Puis, vient le temps de la collecte et de la représentation dans lequel le visiteur est transporté dans une sorte de cabinet minéralogique parsemé de simulacres et de vanités. L’exposition a été réalisée avec le concours du Muséum d’histoire naturelle de Nice.

Marina Abramović, Michel Blazy, George Brecht, James Lee Byars, Pierre-Laurent Cassière, Marion Catusse, Marine Class, Hubert Duprat, Jean Dupuy, Paul Armand Gette, Isabelle Giovacchini, Guillaume Gouerou, Laurent Grasso, Alicja Kwade, Didier Mahieu, Aurélien Mauplot, Éric Michel, Damián Ortega, Ève Pietruschi, Emmanuel Régent, Evariste Richer, Jean-Philippe Roubaud, Bettina Samson, Valentin Souquet.

Sol, 2015

Collection de l’artiste Damiàn Ortega, Mexico City.

Dans cette évocation du micro et du macrocosme, l’œuvre Sol [soleil] constitue une version recentrée à partir d’une simple boule en carton, de kraft, papier indien, journal, bambou, mousse de polyuréthane, colle sans acide blanc, disposée au sol, un quartier tranché, ouvert comme un fruit afin de révéler ce qui est habituellement caché. Dimension: 83×86 cm.

Leere liter bis zum Anfang, 2008
Artiste : Alicja Kwade (1979, Katowice )
Un magnifique tas de 555 kg de bouteilles de champagne vides avec étiquettes, pulvérisées. De simple bouteilles réduites en poudre, aux reflets verts et gris. l’effet produit, éclatant et scintillant, contraste avec la trivialité des matériaux employés, renvoyant toutefois au monde la fête et du luxe. Symbole : Vacuité de l’existence humaine et des rêves escomptés – 70×100 cm

Sans titre, 2008
Artiste : Hubert Duprat (1957, Nérac )
Un tas de plusieurs tonnes de magnétites est disposé au sol tel une sculpture minimaliste et conceptuelle.
Naturellement aimantées et taillées en cabochon, ces pierres qui tirent leur nom du mot grec, Magnetos, dessinent cependant un amas étrange oscillant entre minéral et l’organique.
De l’amoncellement de bijoux scintillants à la concentration de diptères nécrophages, cette sculpture susurre à l’oreille du spectateur le précieux avertissement « Souviens-toi que tu vas mourir ». 80 x 280 x 280 cm

Cinco anillos, 2011
Artiste : Damiàn Ortega (1967, Mexico )
Structure métallique et objets suspendus : assemblage de fragments de verre coloré, alliage (zamac), câble métallique, papier de verre et tezontle rouge (roche volcanique utilisée dans le domaine de la construction au Mexique ). La dynamique des couleurs et du vide, la suspension des éléments ainsi que la coupe et la composition stratigraphique créent des jeux optiques impliquant la déambulation du spectateur. Cette sorte d’attrape-rêve confectionné à partir de petits rien suspendus, réinjecte du merveilleux, de la magie et de l’émerveillement dans la banalité du quotidien – 254 x 240 x 240 cm

Masque à faire tomber la neige, 2010
Artiste : Evariste Richer (1969, Montpellier )

Cette sculpture rapproche un morceau de calcite naturel à la fonction rituelle du masque. La pierre blanche, dont la matière grumeleuse et parsemée d’impuretés évoque la neige, est percée de deux petits trous.

Scultures découvertes sur l’île de Moana fa ‘a’ aros, 2015
Artiste : Aurélien Mauplot (1983, Vincennes )
L’artiste installe le visiteur dans l’histoire d’une forêt insulaire au cœur du Pacifique  ou des basaltes sont incrustés au cœur de troncs d’arbres écorcés.

Des documents  provenant de disciplines, d’époques et de contrées différentes, décrivent  une pratique tahitienne visant à soigner les arbres et réconcilier le volcan à la terre.

1 commentaire
  1. Andréa dit

    Je suis de passage à Nice et je cherchais une belle expo à faire : Vous m’avez convaincue !

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